Objectif de nos travaux

 

Depuis l’apparition du sida, de nombreux travaux de recherche (1) se sont attachés à dégager les déterminants des conduites à risques, en particulier sur la population homosexuelle, mettant à jour la complexité des facteurs psychosociaux, relationnels et environnementaux (liés en particulier au soutien social) qui interviennent dans les stratégies de risques.

On peut noter cependant que ces recherches tendent à ignorer les impacts profonds des nouvelles technologies d'information, en particulier des rencontres en réseau (Transpac, Audiotel, Internet) dans l'analyse des dimensions écologiques dans lesquelles les acteurs sociaux évoluent.

A la suite de l'introduction d'Internet, de sa rapide diffusion et son accessibilité tout public, les répercussions du cyberespace sur les habitudes sociosexuelles ont encore suscité peu de travaux, bien que des données générales indiquent qu'Internet se situe au troisième rang des modes de recherche de partenaires affectifs et sexuels chez les jeunes homosexuels (Noël et al., 1998).

Cette carence empêche donc de saisir, avec précision, les modalités des usages sociosexuels d'Internet et leurs répercussions sur les identités sexuelles, l'organisation des réseaux personnels, les pratiques sexuelles et les logiques préventives face aux MTS et au VIH/sida.

L'objectif de nos travaux  sera donc de cerner ces usages et leurs répercussions dans la population homosexuelle, en particulier chez les jeunes, mais aussi chez les hommes bisexuels (utilisateurs importants des ressources fournies par Internet). Les résultats obtenus permettront de proposer des pistes d’intervention en matière de santé et bien-être sexuel pour les personnes concernées ainsi que d'élaborer des contenus pour orienter la formation des intervenants et la définition de nouvelles campagnes de prévention.

 

Les résultats  que nous vous proposons aujourd'hui font partie de ce travail programmé sur trois ans et proposent une d'analyse de contenu de deux sites français, appropriés par des homosexuels masculins, dont l'univers érotique est proche des formes relationnelles mises en oeuvre dans les sexe-clubs français, où s'exprime une sexualité bareback.

 

Rappelons avant tout le contexte particulier des rencontres en réseau appropriées en France depuis le milieu des années 80, suite à l'introduction du Minitel

 
 
 

Auteurs du contenu publié : Alain Léobon (psychologie de l'espace et des communications), Louis-Robert Frigault Joseph Lévy (anthropologie - sexologie)